La Rhino se propage principalement par contact direct entre les chevaux

Un virus équin nécessite des mesures adaptées mais il n'y a aucune raison de paniquer

La semaine passée, 4 chevaux ont dû être euthanasiés dans un manège à Alken suite à des signes de paralysie. Très vite, la rumeur que le virus de la Rhino-pneumonie (Equine Herpes Virus type 1 ou EHV1) serait à l’origine de cette situation, s’est propagée. Finalement, la cellule d’information Equi Focus Point Belgium (EFPB) a confirmé la rumeur hier grâce à une analyse très rapide effectuée par le CERVA (Centre d’Etude et de Recherches Vétérinaires et Agrochimiques). Actuellement, 7 chevaux souffrent encore de fièvre là-bas. Ce manège vit des jours pénibles et angoissants pour le moment. D’autres membres du monde équestre se font aussi du souci, mais il n’y a vraiment aucune raison de paniquer. Le Vlaams Paardenloket conseille à tout le monde d’être attentif bien que le manège d’Alken soit déjà fermé depuis quelques temps. Vu que la Rhino-pneumonie est une infection qui se transmet par contact direct et très peu par l’air, il n’est pas nécessaire d’instaurer d’autres mesures que la quarantaine pour le moment.

60% des chevaux sont porteurs du virus

Lorsque plusieurs foyers de Rhino-pneumonie éclatent, l’inquiétude se fait fortement sentir parmi tous les membres du monde équestre. La situation est évidemment très grave pour les installations concernées, mais c’est important de remettre les choses en perspective. La Rhino-pneumonie est très répandue parmi les chevaux et certaines statistiques estiment que 60 % des chevaux ou plus sont porteurs du virus. Il est quasiment impossible de trouver un groupe de chevaux ne portant aucune trace du virus en question.

Peu de symptômes graves de la maladie

Heureusement, la majorité des infections se déroule sans passer par les signes les plus graves de la maladie et se résume principalement à des symptômes légers de grippe (fièvre et écoulement nasal pendant quelques jours). Malheureusement, il y a des exceptions : les juments pleines risquent de perdre leur poulain et dans quelques rares cas, certains chevaux montrent des signes de paralysie, comme au manège d’Alken.

Les mesures à prendre lors d’une épidémie

Les chevaux malades et surtout les poulains avortés peuvent propager un très grand nombre de virus. La contamination se passe via un contact proche et direct avec d’autres chevaux. C’est pourquoi les boxes avec les animaux malades doivent rester bloqués pendant minimum trois semaines. Le transfert de salive, poils ou écoulement nasal via une personne ou du matériel, d’un cheval à l’autre est aussi un moyen direct de contamination. Par contre, le virus ne peut se propager que de quelques mètres dans l’air. Le virus ne peut donc quasiment pas passer d’un bâtiment à l’autre par l’air. Les installations voisines ne courent donc que peu de risques, du moment qu’il n’y a pas eu récemment de contact rapproché avec l’installation infectée.

Si vous suspectez un cas de Rhino-pneumonie, vous devez immédiatement avertir votre vétérinaire et, en attendant le diagnostique, veiller à ce que les chevaux concernés n’entrent pas en contact avec d’autres chevaux. Si vous avez touché un cheval malade ou suspect, il vaut mieux vous changer et prendre une douche avant d’aller voir un autre cheval. Lors de suspicion de Rhino-pneumonie, il est très important de mettre les animaux aussi vite que possible en boxe afin de confirmer la maladie avec certitude.

Il est vraiment indispensable que chacun prenne ses responsabilités. Mettre les autres propriétaires de chevaux au courant et stopper tout contact avec d’autres installations temporairement. Les règles classiques de quarantaine sont d’application, c’est-à-dire l’arrêt de toutes les allées et venues de chevaux, le respect des normes d’hygiène élémentaire et limiter l’accès aux installations (uniquement les personnes indispensables).

Cette mesure est d’une importance capitale et peut aider à endiguer l’épidémie. Une interdiction générale de transport est parfois proposée bien que ce soit une mesure radicale et qui ne s’applique pas dans les autres pays, précisément parce que c’est le contact direct avec les animaux contaminés qui est la véritable source de contamination. De plus, les autorités ne peuvent pas imposer de mesures particulières, vu que la Rhino-pneumonie n’est pas une maladie à déclarer ou officielle chez le cheval.

Ce n’est également pas justifié d’envoyer les chevaux suspects et/ou paralysés en clinique. Le transport déplace le problème et dans le cas de chevaux couchés, le transport peut compromettre leur état encore un peu plus. Le traitement des chevaux contaminés doit se dérouler dans l’installation en quarantaine.

Prévention

Chaque année, des foyers de Rhino-pneumonie éclatent. Les vétérinaires recommandent de vacciner les chevaux régulièrement. Bien que le vaccin n’offre pas une garantie totale, il permet aux chevaux qui sont régulièrement vaccinés de développer une bonne résistance au virus. D’un côté, ils contamineront moins d’autres chevaux, et d’un autre côté, ils seront mieux protégés contre des infections venant d’autres animaux.

Malheureusement, la Faculté Vétérinaire de Gand (UGent) souligne qu’il y a encore du pain sur la planche à ce sujet. « Nous voyons que la Rhino-pneumonie revient chaque année. Actuellement, tout le monde se rue sur les vaccins. Une fois la tempête passée, les propriétaires oublient souvent de continuer à vacciner leurs chevaux ou y accordent simplement moins d’importance. Deux ans plus tard, les problèmes peuvent revenir avec toutes les conséquences que cela implique… » explique le professeur Dr. Frank Gasthuys, doyen de la Faculté.

Reporter des événements?

Si les mesures nécessaires ont été prises, le virus ne peut quasiment pas se répandre. Pourtant, les amateurs de chevaux restent inquiets et se demandent si leurs chevaux doivent rester à l’intérieur et s’ils doivent annuler des concours ou d’autres événements. La cellule EFPB ne voit aucune raison ou possibilité que les autorités imposent cette mesure : « Le report d’événements est un choix qui est laissé aux organisateurs qui doivent évaluer les risques au cas par cas (par ex. : D’où viennent les chevaux participants ? Sont-ils vaccinés ? Est-ce que les chevaux en question ont une forte fièvre ?...). Une interdiction générale de transport dans la région concernée n’est pas à l’ordre du jour et ne peut pas être imposée. »

Vous trouverez un dossier complet à propos de la Rhino-pneumonie sur le site de l’association Vlaams Paardenloket vzw : www.vlaamspaardenloket.be

Source: Vlaams Paardenloket en collaboration avec la Faculteit Diergeneeskunde et Equi Focus Point Belgium

Photo: https://www.dropbox.com/sh/9p6jcgdc6n0yjzw/AACiTwwbYf-i1B6uphShSuvfa?dl=0 |

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