1. Contexte et intervenants
La commission d’éthique et bientraitance de la LEWB a organisé le mardi 14 avril une table ronde réunissant des personnalités marquantes du sport équestre international, de la médecine vétérinaire à destination des officiels LEWB.
Intervenants :
- Sabine Lambert – vétérinaire FEI d’endurance, enseignante à l’EPEEG de Gesves
- Emmanuel Van Erck – vétérinaire FEI, équipe nationale belge de complet
- Philippe Pirez – FEI Jumping Stewarding National Advisor, FEI Jumping Steward level 3, FEI Jumping Judge level 3
- Olivier Smetets – juge FEI level 3 de dressage et formateur en Belgique
- François Mathy Jr – cavalier FEI de jumping et président de l’International Jumping Riders Club
- Didier Serteyn – vétérinaire FEI, ULiège, chirurgie et orthopédie des équidés, modérateur du débat
Cette initiative a été unanimement saluée par les participants, tant pour la qualité des échanges que pour la diversité des regards réunis.
2. Principaux enseignements de la table ronde
L’un des constats majeurs qui ressort des échanges est que la philosophie de l’équitation est en train d’évoluer en profondeur.
Les intervenants ont souligné la mise en place de nouveaux dispositifs, outils d’évaluation et cadres réglementaires, particulièrement au niveau international, visant à renforcer la prise en compte du bien-être du cheval dans la performance sportive.
Un enjeu fort a été identifié : faire descendre ces avancées vers les niveaux régional, communautaire et amateur, où les cavaliers, coaches et parfois même certains officiels n’ont pas toujours accès aux dernières évolutions réglementaires et scientifiques.
Cette dimension de sensibilisation et de transfert des connaissances a été largement partagée comme une priorité.
Un retour particulièrement pertinent formulé par une auditrice et juge de jumping a mis en lumière le fait que, dans de nombreuses situations au niveau amateur, les pratiques inadaptées relèvent moins d’une volonté de mal faire que d’une méconnaissance du langage du cheval et des signes d’inconfort.
L’utilisation d’outils concrets, comme la grilles d’observation présentée, a été identifiée comme une opportunité forte pour amener les cavaliers à revoir leur mode de fonctionnement, apprendre à mieux observer et progresser collectivement.
3. Focus sur l’intervention des Dr Emmanuel Van Erck et Dr Sabine Lambert
Leurs interventions ont particulièrement marqué les échanges par l’approche scientifique et directement applicable au terrain.
Le Dr Van Erck a présenté une grille scientifique d’évaluation de la douleur et de l’inconfort (L’éthogramme du cheval monté) construite à partir de 24 critères comportementaux et posturaux objectivables.
Parmi les indicateurs évoqués :
fouaillement répété de la queue
tensions musculaires
crispation de la mâchoire
rigidité générale
coups de tête
signes de défense ou de tension dans l’attitude
Ces différents critères ont été scientifiquement corrélés à un risque plus élevé de boiterie ou de troubles musculo-squelettiques.
L’outil repose sur un seuil particulièrement parlant : à partir de 8 critères cochés sur 24, le cheval doit être considéré comme inconfortable, exprimant éventuellement une douleur.
L’éthogramme du cheval monté transforme une observation subjective en un score clinique objectif pour détecter de l’inconfort, voir de la douleur
Il y a aussi une corrélation entre le score de mal-être et la gravité des ulcères.
Cette grille a été présentée comme une forme de “traducteur simultané du langage du cheval”, permettant à tout acteur du monde équestre — cavalier amateur, coach, officiel, juge ou steward — de développer une lecture plus juste des signaux du cheval.
Au-delà de son intérêt scientifique, cet outil a été perçu comme un levier pédagogique majeur, simple à utiliser et particulièrement pertinent pour l’éducation des cavaliers.
4. Perspectives pour la commission
Cette table ronde confirme la pertinence de poursuivre ce type d’initiatives.
Plusieurs participants ont exprimé le souhait de :
multiplier les réunions thématiques
assurer un suivi dans le temps de l’évolution des pratiques (au travers d’objectifs)
mesurer l’impact concret des nouveaux outils sur le terrain
renforcer les passerelles entre haut niveau FEI et circuits nationaux/communautaires/régionaux
développer des supports pédagogiques accessibles pour les officiels et cavaliers régionaux
La commission pourrait envisager de transformer certains outils présentés en :
supports de formation
capsules pédagogiques
grilles d’auto-évaluation
modules de sensibilisation à destination des clubs et officiels
L’enjeu de fond reste clair : faire évoluer les pratiques non par la sanction seule, mais par la compréhension, l’éducation et une meilleure capacité collective à lire le cheval afin de pouvoir conjuguer bien-être et performance.
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