COMMENT DANSENT LES CHEVAUX ANDALOUS ?
Ou « Cómo bailan los caballos Andaluces ». La réponse sera donnée les 20, 21 et 22 novembre à l’ING Arena à Bruxelles. Tous ceux qui nourrissent une admiration pour les chevaux, qui embrassent l’art et la tradition, qui réservent une place particulière à la beauté dans leur vie, sont invités ces jours-là à découvrir le spectacle merveilleux de la « Real Escuela Andaluza del Arte Ecuestre » de Jerez de la Frontera.
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La naissance de la célèbre École royale andalouse d’équitation est en soi une histoire remarquable. Était-ce l’ivresse de son propre xérès divin, de ce fino couleur topaze, de la manzanilla ou des olerosos veloutés, qui inspira en 1973 Don Álvaro Domecq Romero à non seulement restaurer l’art équestre classique, mais aussi à lui donner encore plus d’allure ? C’est fort possible. De même, la région bucolique et pittoresque d’Andalousie a sans doute apporté une « couleur locale » exceptionnelle et un caractère typique, distinguant l’École des autres académies hippiques renommées.
En somme, le bon goût du « fundador » rejaillissait sur son œuvre de vie. C’était un homme de grande classe, un « seigneur » de ses terres, de ses taureaux et de ses chevaux, un éleveur de chevaux andalous de renommée mondiale et également un célèbre « rejoneador », un torero à cheval. Il s’agissait sans doute de donner forme à toutes les facettes de sa personnalité et de réaliser en même temps un rêve longtemps nourri. Un projet extraordinaire pour lequel « Álvaro », puis son fils « Alvarito », sélectionnèrent les cavaliers les plus talentueux et les meilleurs chevaux de leur propre élevage — l’empreinte de la maison, en quelque sorte. Une maison qui respire une simplicité riche, où le cheval est naturellement l’acteur central. Plus de cinquante ans plus tard, la création de Domecq demeure un cadeau pour le spectateur.
Le lien entre le cheval et le cavalier est une histoire millénaire, fascinante et sans fin. L’École andalouse, telle qu’elle sera présentée à Bruxelles, est en réalité la rencontre de deux mondes captivants : le talent naturel du cheval et la maîtrise technique du cavalier. Elle révèle aussi la mission de développer le cheval par des exercices progressifs et de le montrer dans toute sa beauté glorieuse. On peut se demander qui élève l’autre à un niveau supérieur. Tout repose sur une confiance profonde et une collaboration passionnée, fondées sur les qualités du cheval — calme, docile, doté d’un bon caractère — et sur la passion du cavalier. L’envie et la fierté en sont le dénominateur commun.
Un spectacle de l’École andalouse est une succession de tableaux enchanteurs, à commencer par un numéro d’ouverture exubérant qui s’inscrit parfaitement dans l’atmosphère des célèbres fêtes, évoquant une image stylisée de la société méridionale tout en rappelant l’union originelle entre l’homme et le cheval, compagnons traditionnels du travail. Cette entrée impressionnante est suivie de scènes colorées de la « campo y doma vaquera », un art équestre profondément enraciné dans le travail rural avec le bétail, mettant en valeur des chevaux athlétiques et agiles ainsi que des cavaliers d’un grand savoir-faire. Ces qualités se retrouvent dans d’autres scènes où les projecteurs se concentrent sur l’entente émouvante, technique et artistique entre l’homme et l’animal, notamment à travers les sauts d’école magistraux.
Jusqu’au carrousel, la finale saisissante, baignée de sonorités festives et d’un rythme vibrant. Une conclusion d’une beauté suprême.